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Au sujet du transhumanisme

Le transhumanisme est une idéologie qui aspire à l’amélioration constante de l’homme par le biais de la science. À l’origine, le mot provient du biologiste Julian Huxley, qui en 1927 énonçait, dans Religion Without Revelation, ce nouveau mot pour caractériser la croyance, le désir et le pouvoir de l’homme de se transcender de manière non seulement individuelle, mais sociale : « l’homme reste l’homme, mais il se transcende, en réalisant les nouvelles possibilités de sa nature humaine et son rôle dans sa propre progression. »

De son côté, le journaliste Québécois Antoine Robitaille, à la suite d’une enquête de 10 ans à ce sujet, définit le transhumanisme dans son livre Le Nouvel Homme Nouveau comme suit :

    « Posthumanisme et transhumanisme : les deux courants se rejoignent et se confondent. Selon eux, s’il y a eu quelque chose comme une préhumanité avant l’homo sapiens, il est maintenant temps d’imaginer la prochaine étape, « après l’homo sapiens », la posthumanité, et d’accélérer son avènement, puisque ce sera nécessairement un stade « supérieur ». L’humain est le seul animal ayant actuellement la capacité- qui ne cesse d’augmenter- de penser le cours de son évolution, voire de la piloter. Les marxistes prétendaient avoir saisi le sens de l’histoire et pouvoir se glisser aux commandes. Les posthumanistes estiment que, grâce à la robotique, à la bio-informatique, aux neurosciences, à la génomique et aux nanotechnologies, nous nous rendrons maîtres et possesseurs d’un processus d’évolution actuellement aveugle, entièrement livré au hasard. »

Bien que l’étiquette transhumaniste soit une jeune octogénaire, la pensée elle-même serait bien plus âgée; elle prendrait racine au siècle des Lumières. Francis Bacon, en 1620, tenait déjà des propos conviant les êtres humains à utiliser la science dans le but d’avoir le contrôle sur la nature, et ainsi, améliorer leur condition de vie.

L’industrialisation et le développement de la science au 20ième siècle ont permis à plusieurs rêves crus auparavent fous, d’être réalisés – stimulateurs cardiaques, chirurgies plastiques, clones, fertilisation in vitro, diagnostique préimplantatoire et les OGM, pour n’en nommer que quelques-uns. Ce changement constant apporté par la science pose à chaque nouvelle invention, son flot de réajustements sociaux et de questions éthiques, concernant non plus un individus, une nation, mais l’humanité entière; les développements modernes comportent souvent un poids moral mondial semblable à celui de la bombe atomique. Comment les avancées scientifiques doivent-elles être légiférées? Est-il envisageable de modifier les gènes humains? Et quelles peuvent en être les conséquences pour l’humanité? Voilà trois questions parmi tant d’autres qui brûlent les scènes de l’actualité.

1998 marquait la fondation du WTA (World Transhumanist Association), et par ce fait même, l’évidence d’une préoccupation  à l’échelle mondiale de l’apport et l’impacte de la science sur la vie humaine. Dans son introduction au tranhumanisme, Nick Bostrom, l’un des fondateurs du WTA, énonce :

    « Les technologies comme les interfaces cerveau-ordinateur et la neuropharmacologie pourraient amplifier l’intelligence humaine, augmenter le bien être émotionnel, améliorer notre capacité à s’engager dans certains projets de vie ou avec l’être aimé, et même multiplier l’étendue et la richesse des émotions possibles. D’un point de vue plus pessimiste, les transhumanistes reconnaissent que quelques-unes de ces technologies pourraient potentiellement causer des dommages importants pour la vie humaine; même la survie de notre espèce pourrait être à risque. »

S’il est évident que nous sommes mondialement plongés dans l’engrenage d’un humain toujours plus modifié, les idées quant à la manière de procéder face à ces nouvelles problématiques paraissent beaucoup moins convergentes. Les courants en faveur d’une implantation sans limites de la science sur l’humain (pour en arriver éventuellement à la vie éternelle) et ceux pour un retour extrême à la nature s’opposent. Entre les deux, s’y trouvent des zones de gris. Il faudrait encore ajouter qu’il y a, au sein même de la « communauté » transhumaniste, de grandes divergences d’opinion quant à la position gauchiste ou droitiste, que ce mouvement devrait adopter. Comment les avancées modernes devraient-elles être approchées à un niveau social? Plusieurs interrogations et différentes positions font surface, et demain continue d’arriver.

 

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